| Brand new c'est un peu le modèle parfait d'une carrière et d'une évolution réussie : un premier essai fortement encré dans un genre populaire de son époque (Your Favorite Weapon), un second album qui laisse entrevoir un potentiel allant bien au delà des limites qu'on aimerait lui tracer (Déjà Entendu), et aujourd'hui un troisième effort qui met tout le monde d'accord. Vous avez dit « Radiohead » ? Vous n'avez pas tort. |  |
 Brand new n'est pas encore perdu dans les méandres de l'expérimentation rock, mais force déjà le respect. Fini la mèche au vent et les refrains taillés dans le radiofriendly, ici le quatuor s'est suffisament creusé la tête pour y perdre quelques cheveux au passage. Faire rimer « efficacité » et « inventivité », voilà ce que bon nombre de formations devraient inscrire sur les murs de leur local de répétition. Sur The devil and..., Brand new est intimiste. Jesse lacey minaude toujours autant à grand renfort de mumures non chalants dans l'oreille de l'auditeur, mais avec une sincérité qui défie tous les vocalistes pleurnichards du grand foutoir « emo ». Avec l'ouverture Sowing season, point de grandiloquence romantique et théatrale pour toucher le coeur rose guimauve des minettes de 14 ans, juste un énorme « Yeah » répété en guise de refrain ; comme pour démontrer que l'impact du « peu » est aussi grand que celui du « trop ». Paradoxalement, The devil and... est un album sobre tout en présentant une grande richesse au niveau des sonorités et des structures. Difficile ainsi de prévoir ce que l'on va subir à l'écoute d'un Welcome to Bangkok, instrumental suprenant qui se termine sur une furie sur-saturée digne d'un Thursday cru 2006. Même Not the sun, pourtant assez proche finalement du travail effectué par le groupe sur Déjà Entendu, étonne par son changement de tempo inopiné en milieu de chanson.
Paradoxalement, The devil and... est un album sobre tout en présentant une grande richesse au niveau des sonorités et des structures Il n'y a objectivement rien à jeter sur ce 3ème album. Bien sur, certains morceaux marquent moins, surement à cause de leur lien de parenté trop direct avec les précédentes sorties du groupe. La seconde partie de l'album est en ce sens moins éclatante, passé le magistral You won't know. Mais toutes les pièces s'inscrivent dans cette démarche authentique de faire une musique qui soit l'expression d'une recherche artistique. A force de se chercher, Brand new trouve sa place plus qu'il ne s'invente une personnalité fragile. On ne peut que souhaiter que cette période de transition soit sans fin, car c'est souvent dans le doute que les meilleures oeuvres sont accouchées. Brand new n'a plus rien à prouver désormais. Brand new est déjà un grand groupe. On vous aura prévenu...
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