| Elend - Winds Devouring Men/Sunwar the Dead |
| Écrit par Scoss | ||||
Duo Franco-Autrichien composé d'Iskandar Hasnawi et Renaud Tschirner, Elend s'est fait connaître dans les années 90 en composant une version violente et malsaine de L'Office des Ténèbres sous forme d'une tétralogie achevée en 1998 avec The Umbersun avant de plonger dans un silence radio de plus de 5ans. C'est en 2003 que nous revient le duo ténébreux avec la sortie du somptueux et d'ores et déja culte Winds Devouring Men (salué par la presse comme l'un des albums les plus sombres et violents jamais écrits) annoncé comme le premier volet d'une série de 5 albums (Le Cycle des Vents) et posant les bases d'un son plus travaillé et plus sobre qui conserve la violence et la folie d'antan. En 2004 sort le très dérangeant Sunwar the Dead qui repousse encore un peu les limites du style posé par Winds Devouring Men. Ici pas guitares acérées, pas de hurlements furieux ni de batteries déchainées, mais des violons cauchemardesques, des choeurs féminins hantés et une voix de ténor horrible dans toute sa beauté. Je vous propose donc de découvrir ce groupe à travers ces deux derniers albums: Winds Devouring Men et Sunwar the Dead.
Winds Devouring Men
J'ai beau me triturer les méninges, retourner le problème dans tous les sens, comment parler de ce disque? Comment parler d'une telle oeuvre, car cet album est une oeuvre et bien singulière dans le paysage musical? Ah si je sais, je vais commencer par le commencement... Cela faisait 5 ans que les fans d'Elend n'avaient plus rien à se mettre sous la dent depuis que le duo Franco-Autrichien avait clôt la trilogie de L'Office des Ténèbres entamée en 1996 avec Les Ténèbres du Dehors et achevée en 1998 par The Umbersun. 5 longues années, certes, mais l'attente aura été largement récompensée. C'est donc en 2003 que nous sont revenus les deux magiciens avec un nouveau concept développé sur 5(!) albums et basé sur Les Vents. Winds Devouring Men est donc le premier acte de ce qui risque de représenter un travail titanesque de composition et d'arrangements car à l'écoute de Winds Devouring Men on se rend compte de la progression du duo et d'un talent de composition grandement réhaussé.Winds Devouring Men vous prend aux tripes, tout en étant plus sobre, la musique est beaucoup plus travaillée ce qui lui confère un impact maximum. Les mélodies de violons qui serpentent, les tambours résonnant comme des appels à la guerre sont tout simplement apocalyptiques, tout est est en parfaite osmose. Le groupe a délaissé les hurlements black au profit d'une voix masculine grave beaucoup plus présente et donnant un aspect extrêmement dramatique à l'ensemble. Le groupe rajoute ça et là, au milieu des instruments classiques, quelques touches indus, des bruits de vents pour intensifier le malaise qui habite cette musique hantée.Les superlatifs manquent pour décrire cette musique où la beauté y côtoie le désespoir profond, la violence (le morceau titre dégage une violence inouïe) s'exprime bien plus subtilement que par la brutalité et qui renverrait bon nombre de groupes de black metal au jardin d'enfants.Un disque magique, mystique, envoutant à écouter à tout prix mais à ne pas mettre entre toutes les mains. A écouter en priorité:
-The Poisonous Eye : Le morceau débute lentement par une mélodie inquiétante puis la voix fait son apparition, dramatique, hantée, puis l'intensité va crescendo, les choeurs font leur apparition, les tambours martèlent, les violons sont totalement possédés, bienvenue à l'aube de l'apocalypse. -Charis: Introduction par des violoncelles mélancoliques, puis des mélodies célèstes viennent alléger le tout, la voix est parlée et non plus chantée, le morceau se fait de nouveau inquiétant mais emprunt d'une beauté à fleur de peau, superbe refrain. Un morceau magique. -Winds Devouring Men: Une des pièces majeures de l'album bien que ce morceau soit moins long. Introduction extrêmement (et le mot est faible) inquiétante puis les violons se font entendre, dissonants et hantés, puis un hurlement distordu suivi de violoncelles dramatiques déchire le quasi silence, les tambours résonnent comme des échos à une guerre barbare, une destruction de toute forme de vie. Un morceau traumatisant. Apocalyptique!
Deuxième opus d'une série qui en comportera normalement 5 ("Le Cycle des Vents"), Sunwar The Dead reprend la trame musicale entamée avec Winds Devouring Men tout en poussant un peu plus les expérimentations et la violence. Ainsi les choeurs féminins introduisant Chaomphalos, paraissent tout d'abord angéliques avant de devenir inquiétants puis apocalyptiques et dès le second morceau l'on est en terrain connu. Cependant, si Winds Devouring Men développait un côté superbement tragique sur les morceaux, Sunwar the Dead est tout simplement l'album de la terreur et du malaise. Les violons semblent totalement possédés et dégagent une violence hors norme, les orchestrations sont malsaines, les choeurs glauques, mais le plus dérangeant dans tout ça est peut être cette voix, superbe, belle, classieuse au milieu de cette fureur lancinante, et qui n'en paraît que plus possédée. Le pire est que les deux compositeurs de ce projet hors normes avouent que l'enregistrement de leur musique sur disque altère la violence des compositions...l'on frissonne rien qu'en pensant au résultat en acoustique. Un album extrême, déroutant, dérangeant, en marge de la musique actuelle mais addictif après quelques écoutes. A écouter en priorité: Sunwar the Dead : Un morceau de musique classique construit comme un morceau de black metal(?!), les violons sont rapides, dissonants, les percussions blastent, un morceau violent et apocalyptique. Ares in their Eyes: Un autre morceau porteur d'une tension extrême, un leitmotiv au violon totalement aliénant qui se répète tout au long de celui ci. Totalement dérangeante cette chanson vous emmène faire le tour infernal du puits des âmes. Blood and Grey Skies Entwined: Un morceau totalement dédié aux ténèbres, angoissant, sombre et parcouru de moment désespérés ou musique classique et expérimentations bruitistes se mêlent pour ériger une cathédrale de désespoir. |
||||





