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| Écrit par dimitri | ||||
Après plusieurs court-métrages, Darren Aronofsky (plus connu pour Requiem For A Dream) signe ici son premier long métrage. Et pourtant, dès les premières minutes on sent tout le potentiel de ce jeune réalisateur. Ce thriller mathématique peut rappeler un certain David Lynch pour le peu de concessions faites à une compréhension rapide, et le courage dont le réalisateur fait preuve. En effet, le film veut nous faire partager tout ce que ressent le héros, et ainsi le point de vue est totalement subjectif. En plus, comme si ça ne suffisait pas, nous avons affaire à quelqu'un de totalement absorbé par ses recherches, presque autiste, et souffrant de crises de migraines attrocement douloureuses. Pour nous transmettre cela, le film utilise un très beau noir et blanc très contrasté (donc très peu de nuances de gris), des angles de vue assez inhabituels jouant beaucoup avec la lentille, et des décors très étouffants. La narration n'est pas non plus très conventionnelle, n'étant pas obligatoirement établie sous un ordre chronologique, mais juste logique (pour le héros). Pendant toute la durée du film ces divers procédés parviennent parfaitement à nous faire ressentir un étrange mal-aise, une angoisse, et en même temps le sentiment de devoir aller au bout. Jusqu'où tout cela nous conduira, on ne le sait pas, mais ça fonctionne comme l'emprise d'une drogue. La drogue ! Le réalisateur semble d'ailleurs très attaché à ce sujet tant il semble être présent dans ces films, mais, contrairement à Requiem For A Dream, point de cocaïne, d'héroïne ou de quelque sorte de cannabis ici. La drogue est évoquée sous forme de métaphore filée : la religion et le pouvoir pour certains (l'opium du peuple ?), l'argent pour d'autres. Mais n'oublions pas le train de vie du personnage principal, totalement « dépendant » de ses recherches. C'est ainsi que se forme une forte critique des deux pilliers du monde moderne à travers Lenny, membre de la communauté juive orthodoxe, et des requins de Wall Street, prêts à tous pour mettre la main sur l'équation magique leur permettant de calculer les fluctuations de la bourse, ou la résolution de la grande énigme de la Cabale. Ce film est donc aussi étrange que surprenant et parvient à nous passionner de bout en bout, sans aucun temps mort, sans facilité pré-établie, sans incohérence, sans tout le langage technique habituel aux films technologiques servant avant tout à embrouiller le spectateur pour qu'il ne se rende pas compte de la pauvreté du scénario. Au contraire, tout est rapidement expliqué, mais clairement, ce qui renforce l'impression que nous avons de suivre le film de l'intérieur de la tête du héros. Rien n'est en trop et chaque élement est indispensable pour que le film puisse prendre tout son sens et que tous les messages soient compréhensibles, bien qu'il faille plusieurs séances pour saisir toutes les subtilités de ce chef-d'oeuvre. Réalisateur : Darren Aronofsky Avec Sean Gullette, Mark Margolis Sortie : 1998 |
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