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Dans la série « je sors un album excellent et je disparais 2 semaines après », je voudrais Spor. Non, vraiment, il y a certaines injustices qui doivent être misent en lumière. Pourtant c'était il n’y a pas si longtemps : en 2001, des ex-membres de No one is innoncent sortaient un majestueux 1er album, qui résonne toujours dans les oreilles des quelques personnes qui l’ont acheté à l’époque. Et si je vous dis que l'album a été mixé à New York par David Bottril (Tool, Deus, Mudvayne, Silverchair), ça vous donne envie d’en savoir plus ?
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Niveau son, Spor fait du Spor. Difficile d’être plus précis. Bon essayons autre chose : Spor fait du rock. Non, Spor fait SON rock. Du rock sophistiqué et libéré, et pourtant incroyablement cohérent, passant sans encombres d’instrumentations typés musiques du monde à des arrangements de cordes somptueux. Un univers riche et maitrisé de bout en bout, où chaque morceau semble avoir été composé avec une grande patience. Pour un 1er essai, Is today tomorrow est une œuvre équilibrée et mature, affirmant déjà une personnalité notable.
L’album commence assez fort avec un Nineteen ninety eight à la batterie martelée façon beat indus, et un motif de cordes hypnotique. On remarque alors bien vite que le groupe maitrise admirablement le sampling. Spor n’est pas de ces groupes électro-rock qui usent de temps à autre quelques boucles pour faire du remplissage esthétique façon MTV. Non ici, les éléments « électroniques » (il peut s’agir de boucles d’instruments acoustiques autant que de simples bruits) font partie d’un tout indissociable. Les morceaux sont construits comme une sorte de voyage, qui transcende la plupart du temps la classique structure pop couplet – refrain. Dream tamer en est le plus bel exemple : du haut de ses 8 minutes, voilà un morceau qui sait prendre le temps d'installer une ambiance pour la faire évoluer ; de la mélancolie on passe à la paranoïa, avant de sombrer dans une furie teintée de désespoir (« again we loose, again », répété comme un mantra jusqu'à la fin).
Exception faite de NPB, qui est sans conteste le morceau le plus accessible. Un single efficace et intelligent, qui accroche dès la 1ère écoute par son riff syncopé et son côté rock'n roll à la fois vintage et moderne. On dénotera tout de même 2 faux pas qui viennent ternir quelque peu le parcours. Speed en balade acoustique de milieu d'album se relève assez fade, malgré ses arrangements de cordes classieux (une constante de l'album) et sa courte durée. Et puis Love is third, le morceau de trop, où le groupe s'essaye à un tempo speedé et des gimmicks punk. L'idée n'était pas mauvaise, mais l'énergie ne ressort pas et le morceau s'éternise inutilement ; l'ensemble est bien trop lisse pour surprendre, et les « oh yeah » du refrain semblent être exécutés sans conviction. Non, Spor est définitivement trop mature pour ce genre d'exercice de style.
On termine le voyage d'une bien belle manière avec We go east, une sorte de balade indus acoustique (sur le papier le mélange est improbable, à l'écoute il est d'une logique implacable) douce amère, qui se s'achève sur un « it's all right » scandé en chœur. On ne peut s'empêcher d'y trouver une forme d'ironie, tant ces dernières paroles forment (déjà) le chant du cygne pour le groupe. Ce sont les meilleurs qui partent les premiers...
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Ecoutez Nineteen Ninety Eight de Spor sur la Radioptique en cliquant sur l'icône |
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