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Et si l'enfer venait de Suisse ? La Suisse : ses fameux chocolats, ses montagnes enneigées, ses paisibles lacs... ses groupes de hardcore torturés. A croire que la blanche neige y est pour quelque chose dans le fleurissement de headbangers de qualité ; car comme Cult of Luna ou Breach, Unfold pourrait venir de Suède, que cela ne nous étonnerait même pas. Aujourd'hui défunt, le quintète signait en 2003 un album majeur dans le paysage aujourd'hui surchargé du hardcore moderne. Un disque envoutant, osé, (vis à vis de son prédécesseur « Pure »), mais surtout terriblement jouissif. Car ce Aeon Aony a ce double avantage de pouvoir combler à la fois le metaleux primaire et le coreux intello (ou l'inverse au choix)
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Servis par une prod cramée au tube d'ampli, les 10 morceaux de Aeon Aony creusent habillement les entrailles salies de notre âme (qu'on ne croyait pas si sombre), avec un arsenal allant du scalpel le plus fourbe (Baron rouge, le duo Enter sinus, Phantom structures) au marteau piqueur tunné façon pimp my ride (The templar's lamina, Rythm, Slayer, Olé). Bon dieu, il n'a jamais été aussi plaisant d'être maso. Les 7 cordes accordées 36 tons plus bas tranchent à vif, et les hurlements hallucinés de Danek balancent une bonne lampée d'alcool à 90° sur les plaies. La voix est si rappeuse qu'on jurerait que le bougre s'est fait greffé une disto sur ses cordes vocales !
La structure rythmique est d'une lourdeur sans nom (Superman Diabolico, We remember the king). L'homme derrière les futs (Laurent Thévenaz, patron du label Division Records) fait état d'un jeu raffiné et d'un usage plus que subtil de la double pédale, qui ne fait jamais l'erreur de tomber dans le démonstratif. Et cette caisse claire ! Ses resonnances sont si profondes que le son semble se répercuter sur les murs d'une métropole vidée par une explosion nucléaire. Le disque s'offre tout de même une petite pause bienvenue, le temps d'un Enter Sinus, qui nous touche par sa tristesse et sa mélancolie.
L'apocalypse, Unfold nous la sert sur un plateau d'argent, et il est bien difficile de ne pas en reprendre un bout après y avoir goûté. A l'heure où les chefs de file du post hardcore décident d'adoucir leur propos (Isis, Cult of Luna...), Aeon Aony est une véritable bénédiction qui nous permet d'assouvir nos plus grandes envies de noirceur virulente. We remember the king...
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